Partager l'article ! Afganistan terre de conquète militaire et commerciale pour les US. La police afghane fait les frais de la concurrence: Parent pauvre des forc ...
Parent pauvre des forces de sécurité, elle est entraînée, depuis 2004, par une société privée américaine. Mais le contrat de celle-ci n'a pas été renouvelé. La firme a porté l'affaire devant la justice américaine.
Entraîner un policier afghan, ça rapporte. En former 96 800, depuis 2004, a permis à la société américaine DynCorp de gagner 437 millions de dollars. William Ballhaus, le président de DynCorp, avait donc de bonnes raisons de se fâcher quand sa société a perdu le juteux contrat que lui avait attribué le département d'État américain.
Le Pentagone, qui gère désormais l'ensemble de la formation initiale des forces de sécurité afghanes, a cassé le contrat de DynCorp, modifié un appel d'offres et attribué un contrat d'une valeur d'un milliard de dollars à un vieux concurrent de DynCorp, la société militaire privée Blackwater, qui opère désormais sous le nom de Xe.
Le premier à dégainer a été un sénateur démocrate, Carl Levin, scandalisé que le Pentagone accorde sa confiance à une société impliquée dans une fusillade à Bagdad en septembre 2007 (17 civils tués) et accusée d'avoir allègrement violé une dizaine de lois fédérales. DynCorp s'est engouffrée dans la brèche et a porté l'affaire devant le GAO (Government Accountability Office), l'équivalent de notre Cour de comptes.
Un manque de formateurs
Le GAO a rendu sa décision le 15 mars et donné raison à DynCorp. Au Pentagone de revoir sa copie, de lancer un nouvel appel d'offres et de se trouver, selon les voeux de Levin, « un partenaire convenable ».
La décision ne fait pas l'affaire de Xe, qui a déjà été expulsé d'Irak et dont les comptes sont plombés par une litanie de procès. Le policier afghan fait aussi les frais de cette affaire de très gros sous. La formation risque de s'interrompre, le temps que le marché soit attribué. Déjà, elle a été réduite, par manque de formateurs !
« Actuellement, nous formons un policier en huit semaines, explique Don Ryder, le directeur de la formation chez DynCorp. On ne peut pas faire avec moins ». Ce n'est pas l'avis de l'administration Obama qui veut porter, le plus rapidement possible, le nombre de policiers à 134 000. Quitte à brader leur formation.