Partager l'article ! Amiante : destruction massive: Une première : des dirigeants de multinationales en accusation Publié sur Agoravox par Zen Le plus ...
Le plus grand scandale sanitaire du siècle enfin sur le devant de la scène judiciaireLa tenue du procès, les victimes de l’hécatombe la doivent avant tout à leur combat acharné, mais aussi à l’obstination du procureur de Turin. Guariniello a la constance de ceux qui se font une haute idée de leur métier. Dans les années 1970 déjà, comme le rapporte la journaliste suisse Maria Roselli (3), il n’hésite pas à s’intéresser de très près au mastodonte de l’industrie italienne, la Fiat. Gianni Agnelli, le patron de l’automobile, lui devra d’être entendu par la justice : un crime de lèse-majesté. Guariniello a mené des dizaines de procédures concernant la sécurité au travail. Mais quand, en 2001, il ouvre une enquête pour homicides par négligence, après la mort, une fois rentrés au pays, d’une douzaine d’ouvriers italiens qui ont travaillé dans les usines suisses d’Eternit, peut-être n’imagine- t-il pas les difficultés qu’il va rencontrer. Ou peut-être si, après tout. Passons sur les péripéties que rencontre sa demande d’entraide judiciaire effectuée auprès de l’Office fédéral suisse de la justice. Il n’obtiendra communication des dossiers médicaux et des adresses des anciens salariés italiens ayant travaillé en Suisse qu’après plusieurs années d’une bataille incessante, due aux tentatives d’obstruction d’Eternit et de l’Assurance suisse pour les maladies du travail, la Suva. Entre-temps, l’enquête s’est élargie : elle vise désormais les quatre usines italiennes d’Eternit, dont Casale Monferrato. Guariniello cherche méthodiquement, et il trouve, collectant près de trois mille dossiers de décès dans ces sites industriels, mais aussi dans les territoires proches.Le procureur de Turin n’entend cependant pas limiter son investigation à la seule Italie et ne viser que les directeurs d’établissement. Il veut remonter jusqu’à la tête, et cette tête, en l’occurrence, est double. En août 2007, il clôture son enquête et transmet ses conclusions aux juges compétents afin que soit instruite une plainte contre les anciens propriétaires des établissements Eternit en Italie : le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny. Les avocats de ces derniers auront beau, lors des audiences préliminaires du printemps 2009, contester la compétence du tribunal et soulever toute une série d’exceptions en nullité de procédure, rien n’y fera. En juillet dernier, la juge Cristina Palmesino ordonne le renvoi des deux anciens magnats de l’amiante devant le Tribunal de Turin pour « désastre sanitaire ». Ils risquent douze ans de prison. Une fin de parcours que le dernier de la lignée des Schmidheiny n’avait sans doute jamais envisagée...."
-Info amiante-
-ANDEVA
Rapport du Sénat
-Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir,
Rapport d’information no 37 du 20 octobre 2005 ; procès-verbaux des auditions
-L’amiante dans l’environnement de l’homme : ses conséquences et son avenir
Amiante : sites et documents francophones
HESA - Dossiers
Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/amiante-destruction-massive-66339