Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 11:50
  • « Si ce qui est arrivé aux habitants du squat avait été commis contre des animaux familiers, ceux qui sont responsables de ces actes auraient été traduits devant la loi pour cruauté envers des animaux. » Le mot du vice-président de la Ligue des droits de l'homme Pierre Tartakowsky, vendredi à Bagnolet,résume l'indignation de la centaine de manifestants qui protestaient contre l'expulsion survenue mercredi.

Demandée par cette municipalité communiste de Seine-Saint-Denis en application d'une décision de justice de février 2009, l'expulsion d'une quarantaine d'hommes, de femmes et d'enfants a suscité un tollé. Même le Parti communiste, auquel appartient le maire, Marc Everbecq, a fustigé des « méthodes d'un autre âge ».

Selon l'association Droit au Logement, les occupants ont eu cinq minutes pour quitter les lieux, leurs affaires évacuées à l'aide d'un bulldozer. Ce que nie la mairie.

La police boucle la rue, les manifestants s'installent à un carrefour

Vendredi à 18h30, la centaine de manifestants n'a pas pu accéder à l'immeuble, une trentaine de policiers bouclant la rue. La manifestation a donc eu lieu à un carrefour proche, par un froid mordant.

Outre Droit au Logement et la Ligue des droits de l'homme, on remarquait des représentants des Enfants de Don Quichotte, du NPA, du Parti socialiste, et de la Confédération paysanne, qui logera les expulsés dans ses locaux.


Bagnolet: manifestation contre l'expulsion d'un squat
par rue89

Parmi les manifestants, il y avait aussi quelques habitants de Bagnolet, indignés par un tract que la mairie a tiré à 18 000 exemplaires et distribué dans les boîtes aux lettres du quartier.

Cette « déclaration de la municipalité » relaie une réalité totalement différente de celle que présentent les militants des différentes associations :

« Il est avéré que ce squat était devenu un lieu de trafic de drogue, de voitures, de prostitution, de tapage nocturne incessant qui durait depuis plusieurs années. […]

Nous déplorons les excès médiatiques auxquels ont donné lieu cette expulsion et l'exploitation politique qui se met en place. Il n'y avait pas d'enfant dans ce squat, pas plus que de bulldozer pour les évacuer. Ce ne sont pas 80 à 90 personnes mais tout au plus une vingtaine qui occupait le squat. »

La mairie affirme que l'immeuble sera remplacé par 50 logements sociaux

Selon Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL qui évoquait effectivement en milieu de semaine 80 occupants, il y avait en fait 41 personnes au total, dont six enfants.

L'immeuble, qui appartient à la ville depuis juin 2009, sera remplacé par 50 logements sociaux, selon ce que la mairie affirme dans son tract.

Le maire refuse toutes les demandes d'interview et, selon un conseiller municipal PS (opposition) présent vendredi, a annulé un conseil municipal qui devait se tenir jeudi soir.

Plus d'infos : ici

Source : http://www.rue89.com/2010/02/12/expulsion-au-bulldozer-a-bagnolet-cest-inhumain-138186

Par Carland - Publié dans : Société - Communauté : les anti-capitalistes
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