Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 12:46

« On est lancé, on y va à fond ! » Premier jour de grève à l’usine Saupiquet de Saint-Avé : banderoles, piquets de grève autour de braseros installés aux trois entrées du site.

Les salariés ont engagé depuis ce matin, un bras de fer avec la direction pour réclamer « une prime de reconnaissance de 20 000 euros ».

Remontés, ils ont voté (53 oui, sur 73 votants) cette grève car « nous ne sommes pas d’accord avec la prime de chantage de bonne continuité de 5 000 euros. On sait qu’on la perd en faisant grève mais on n’a rien à perdre et on y ira jusqu’au bout ».

Fermeture reportée à juin

Les salariés ont vu rouge à l’annonce du report de la fermeture de l’usine à fin juin, « on nous demande de travailler deux mois de plus et plus rien derrière… Non et non ! ».

Et surtout depuis la publication du rapport d’experts comptables, la semaine dernière, qui avance que l’usine de Saint-Avé aurait pu continuer « à vivre encore un an. Le temps de trouver une solution. Une bonne solution et pas la délocalisation à Quimper et en Italie de nos chaînes de production », dénoncent les représentants de l’intersyndicale.

Pénalités

Le dit rapport indique également que Saupiquet a réalisé six millions d’euros de bénéfices en 2009, « et on n’a rien vu en termes d’investissements quand elle a fait 9 millions de bénéfices en 2008 et 17 en 2007 ! Alors, on veut que notre travail soit reconnu. Nous ne sommes pas les méchants dans tout ça ! »

Pour les syndicats, « c’est clair, la direction n’a pas eu la volonté de trouver une solution ». Depuis ce matin, aucune boîte de saladières n’est fabriquée et ne sortira de l’usine. Ce qui peut mettre la société en situation délicate vis-à-vis de ses clients, « elle risque des pénalités de la grande distribution puisqu’elle ne livre plus. La direction menace de fabriquer ailleurs… Mais on ne croit pas qu’elle dévoilera ses process de fabrication à un concurrent… »

À l’intersyndicale, tout le monde voit là un moyen de pression.

Ce midi, une délégation doit rencontrer le patron de l’usine. En début de matinée, elle a envoyé ses revendications au siège, à Courbevoie. Cet après-midi, des actions sont prévues à Vannes si aucune discussion n’est possible.

Isabelle JOHANCIK.

Par Carland - Publié dans : Saupiquet - Communauté : les anti-capitalistes
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