Jeudi 11 février 2010
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A méditer au moment ou Darcos veut détruire la médecine du travail et le code du travail...
Justice. Le procès en appel de la chute mortelle en 2006 d’un salarié sans protection illustre le sentiment des familles qui dénoncent un crime là où les patrons parlent de faute
involontaire
Travailler nuit gravement à la vie. Bosser tue. Suicides en agence, morts amiantées à petit feu, vies clouées en fauteuil, ouvriers tombés des chantiers : la Fondation Copernic sonne le glas de
cette addition macabre qui porte chaque année à plus de 500 le nombre de décès au travail.
La cour d’appel d’Aix-en-provence rejugeait, hier, le drame de Jérôme Bianco, 32 ans, tombé le 2 août 2006 des huit mètres d’une nacelle de nettoyage à Sophia-Antipolis, le premier jour d’embauche
comme agent d’entretien à TFN. Il manquait 10cm sur le garde-corps de la passerelle, remplacé plus tard pour seulement 600 euros. Un laveur de vitre sans casque a basculé dans le vide et a rejoint
les statistiques du ministère de l’emploi. Contre cette banalité trompeusement fatidique, Michel son père se bat.
Le 26 septembre 2008, le tribunal correctionnel de Grasse condamnait pour « homicide involontaire par emploi de travailleurs sur chantier sans mise à disposition de moyens de protection
individuelle », Redhouane Bouchemoua, le directeur de l’agence niçoise du groupe TFN, à 6 mois de prison avec sursis – contre 4 mois ferme requis – et à deux amendes, l’une délictuelle de 3 750
euros, l’autre contraventionnelle de 1 500 euros. Titulaire de la délégation de sécurité, le laboratoire Galderma, filiale du groupe L’Oréal, sur les baies vitrées desquelles la nacelle reposait,
écopait de 10 000 euros d’amende. La CGT des Entreprises de nettoyage, constituée partie civile se voyait allouer 1 000 euros au titre du préjudice collectif.
Michel Bianco et ses fils Pascal, Sébastien et Thierry espéraient fermement, hier, avec leur comité de soutien CGT que la justice allait réaffirmer « que la mort de Jérôme n’est pas une fatalité,
mais la conséquence de conditions de travail qui mettent en danger la vie d’autrui ». Car « Jérôme n’est pas mort du fait de maladresse et d’inattention, mais bien du non-respect des règles de
sécurité par ses employeurs. J’espère que la cour dira clairement, comme en première instance à Grasse, que le fait de sous-traiter des travaux n’exonère en rien l’entreprise qui les commande
».
La septième chambre des appels, présidée par Bernard Germain, a mis son arrêt en délibéré au 11 mars prochain.
DAVID COQUILLE
Source : http://www.lamarseillaise.fr/justice-faits-divers/les-accidents-du-travail-dans-l-angle-mort.html