Partager l'article ! Régionales. Laurence de Bouard de l'hôpital à la politique: Le Télégramme poursuit sa série de portraits des têtes de listes régionales. Aujou ...
Un nom à particule pour une tête de liste NPA? Non, Laurence de Bouard
n'est pas issue de la classe ouvrière; elle a grandi entre un père ingénieur et une mère prof. Et elle ne nie pas «une vieille famille noble et royaliste, pure et dure». Mais préfère invoquer un
grand-père résistant et communiste (jusqu'en 1961), ou un père militant CGT, lecteur assidu de «L'Humanité». Si elle est, à 41 ans, l'un des visages neufs du scrutin régional, Laurence de Bouard ne
le doit pas tant à son histoire familiale qu'à son emploi: cadre de santé à l'hôpital de Carhaix. Un hôpital devenu, le temps d'un printemps 2008 agité, un symbole qui peut rapporter en politique:
celui de la défense des services publics.
Choisie comme un symbole
Quelques mois à peine après avoir pris sa carte au NPA, elle a donc été bombardée tête de liste pour les européennes, l'an passé, sur cette seule carte de visite. «Ma première réaction a été de
me dire que je n'avais encore rien fait», avoue-t-elle. Pourtant, celle qui est également militante pour Sud-Santé voit l'engagement comme une seconde nature. «Devenir infirmière a été comme une
évidence, celle de prendre soin des autres. La politique, c'est pareil:l'élu doit être le relais des attentes et des besoins de la population». Restait à choisir son camp. Elle, voit la droite
comme «ceux qui prennent aux pauvres pour donner aux riches», et inversement pour la gauche. «Schématique, mais vrai», assure-t-elle. Alors, elle a choisi le NPA, en septembre2008, après avoir
côtoyé les militants LCR lors du combat de l'hôpital.
«Force de propositions»
Face aux critiques qui peignent son parti comme prompt à l'agitation mais incapable de construction, elle sort les griffes. «Faut arrêter avec ces clichés. On est une vraie force de propositions,
on peut faire avancer les choses. Dans le Midi, on avait deux élus dans l'assemblée régionale. Ce sont eux qui ont permis d'y instaurer la gratuité dans les transports». À la polémique sur la
candidature, dans le Vaucluse, d'une femme voilée pour le NPA, la réponse est plus contrastée: «Cela touche la sphère privée. On n'est pas tous d'accord... Le voile peut être perçu comme un signe
d'oppression de la femme, mais Ilham, la candidate, ne le voit pas comme ça. Alors, pour moi, il n'y a pas de problème». Le problème, pour elle, serait «ce débat sur l'identité nationale qui sort
au moment des élections, alors qu'on ne parle pas des sommes dépensées pour la grippe A/H1N1, et qui auraient suffi à éponger le déficit des hôpitaux publics». Sûr qu'aux régionales, il est plus
aisé de porter la blouse que le voile.